LE ROSAIRE DES VOLUPTÉS ÉPINEUSES

De Stanislas Rodanski

Mise en scène Georges Lavaudant

Georges Lavaudant propose un théâtre qui embrasserait, voluptueusement, le cinéma sur la bouche. Pas n’importe quel cinéma. Celui de Wilder et de Sunset boulevard, de Kubrick et de Shining, où Lancelot ( Frédéric Borie) nous convie à boire un bloody mary au bar du Overlook Hôtel de Shining. Dans une première scène qui pourrait être la dernière.

Pas n’importe quelle bouche. Celle de Dietrich, Swanson ou Novak.

Pas n’importe quel baiser, puisque mis en scène comme Hitchcock filmait « les scènes d’amour comme des scènes de meurtre, et les scènes de meurtre comme des scènes d’amour ».

G. Lavaudant injecte et projette une esthétique du noir et blanc, seulement contrariée par le rouge Carlton (Frédéric Roudier) figurant une tache de sang indélébile, la place du mort. Valet touché au cœur, Monsieur Loyal. Lancelot, lui, est le valet de trèfle, arme du crime de la Dame de pique (Élodie Buisson).

Il met ses comédiens comme en suspension dans ce thriller onirique et poétique, comme séparés de leur chair et du plateau, par une lumière idéale et élégante.

Ils sont sonorisés, ce qui renforce encore leur idéalisation iconique, leur délivrance de la pesanteur charnelle. Ils nous font nous glisser dans le texte poétique de Stanislas Rodanski . Comme on se laissait aller, sans doute, à la voluptueuse langueur des sleepings. Et puis une phrase : « Parfois l’heure de la mort arrive en plein milieu de la vie. ». Elle nous rend au cauchemar éveillé de nos existences.

photos © Marie Clauzade

Texte  Stanislas Rodanski

Mise en scène Georges Lavaudant

Avec Frédéric Borie, Élodie Buisson, Clovis Fouin Agoutin, Frédéric Roudier, Thomas Trigeaud

Décor et costumes Jean-Pierre Vergier |

Son Jean-Louis Imbert |

Maquillage, coiffure, perruques Sylvie Cailler et Jocelyne Milazzo |

Chorégraphie Francis Viet |

 

Théâtre Gérard Philipe

59, boulevard Jules-Guesde, Saint-Denis

Du 17 Mai 2019 – 19 Mai 2019

vendredi et samedi à 19h, dimanche à 15h.

L’ÉQUATION

Drôle de proposition au Théâtre de la Reine Blanche ce printemps ! Une tentative comique et cosmique d’hybridation tout azimut qui serait le fruit d’une collision entre l’inconscient de Schrödinger et de son chat !

Le spectacle de Fabio Alessandrini aurait pu s’intituler « Mémoire du temps ». Il incarne cette mémoire, tantôt primate, tantôt étoile ou atome, méduse ou tout simplement homme. Il remixe le tout en théâtre, musique et images vidéos projetées comme un un album de famille, du Big-bang à nos jours. Il y est question d’évolutionnisme et de notre relation à l’animalité ;  d’Einstein et de Hawking … Tout cela donne souvent le tournis et on on ressort moins imprégné de savoir scientifique que de poésie.   Fabio Alessandrini joue un photon avec autant de plaisir qu’un trou noir spaghettifiant son corps à l’envie. Il n’y a pas ici à proprement parler « histoire », mais « Histoire », personnage mais incarnation, de théorèmes, phénomènes astrophysiques, ou cellulaires. Des interaction permanentes avec des projections vidéos servent moins de support pédagogique que de surface sensible à l’émotion microcosmique et macrocosmique.

Une performance humaniste aux effets psychotropes qui s’adresse à la fois à l’ange et à la bête.

 

photos F. Alessandrini

TEXTE Librement inspiré de nouvelles de Franz Kafka + Italo Calvino & d’œuvres scientifiques
DE et  AVEC  Fabio Alessandrini
REGARD EXTÉRIEUR Karelle Prugnaud
COLLABORATION ARTISTIQUE Riccardo Maranzana
CRÉATION VIDÉO Claudio Cavallari
LUMIÈRE Jérôme Bertin
SON Nicolas Coul

Du 29/03/2019 au 28/04/2019
Théâtre de la Reine Blanche – 75018 PARIS

 

BELLS AND SPELLS

De Victoria THIERRÉE CHAPLIN

Victoria Thierrée Chaplin, Aurélia Thierrée et Jaime Martinez nous invitent à un beau et nécessaire voyage au Théâtre de l’Atelier. Nécessaire car il permet de purger le corps, l’âme et l’esprit de trop de théâtre de texte et d’histoire. Ici pas de texte et une histoire que l’on construit, ou pas, à partir de dérives imaginaires propres à l’inconscient. On suit bien sûr les tribulations fantasmagoriques d’une femme, mais il n’y a de fil que celui d’Ariane qui permet de sortir du labyrinthe. Et cela fait du bien. Beau car ils insufflent en tout la poésie la plus pure et la plus émouvante. Et cela fait du bien aussi, à notre époque où le premier degré est suspect, et la dérision la règle. Ils créent des formes, des gestes, et des images, hybrides, enfantines, magiques. Oui car la magie est un moteur essentiel de leur créativité. Pas une magie époustouflante et spectaculaire, mais baignant dans une atmosphère 1900 qui imprègne tout le spectacle de la nostalgie d’une ère non technologique. Le théâtre d’objet est également à l’honneur. Objets volés, volant, tournant, détournés. Ils se muent souvent en un bestiaire fantastique et inquiétant semblant sortie d’un tableau de Bosch, Dali, ou Magritte. Car la peinture est aussi très présente. La femme devient tableau, ou entre dans un tableau, abolissant toutes frontières entre réel et imaginaire.

Bells and Spells est une œuvre inclassable et mutante. Une merveille surréaliste et burlesque, magique et poétique. Un monde monstrueux et rassurant où on se déplace en dansant pour échapper à toute certitude.

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photos Lucie Jansch

De Victoria THIERRÉE CHAPLIN

Avec

Aurélia THIERRÉE et Jaime Martinez

Chorégraphie Armando SANTIN

Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin 75018 Paris

Du Jeudi 7 mars au dimanche 12 mai 2019

http://www.theatre-atelier.com/bells-spells-lo2640.html