OURAGAN

Texte et mise en scène: Ilyas Mettioui

Le jeune Abdeslam, affalé sur son canapé, et enveloppé d’une combinaison aussi improbablement jaunasse que son refuge, s’y contorsionne fiévreusement, visionnant vaguement, à travers les volutes de ses joints, un documentaire animalier affirmant « La loi de la jungle ».

On est pas au travail, une institution dont les lieux, les horaires, et les lois aujourd’hui déstructurés semblent nébuleux à ces jeunes pour qui Deliveroo est « le premier emploi payé ». Le contact avec l’employeur (qui n’en n’ai pas un puisque les livreurs sont des partenaires « indépendants ») s’opère uniquement à travers l’application: interdiction de se rendre aux bureaux!
Il ne sera alors pas tant question du monde du travail que de la vie ordinaire, que des morceaux d’une vie morne et privée de perspectives projetés sur les fumées s’élevant au-dessus du canapé. Schizophrène et multiple (cinq comédiens pour cinq aspects de son être), Abdeslam dévoile ses angoisses et ses espoirs, ses colères aussi, ceux d’une génération engluée.
Cependant le métier est physique : le corps parle, et d’abord! L’énergie des comédiens-danseurs chauffe le plateau. Danses, courses et poursuites viriles, rythmes et ruptures des cinq comédiens ; leurs adresses au public, pris à témoin ou invité à leurs jeux et rivalités, émeuvent, font sourire et vibrer.

Crédit Photo: Karolina Maruska

Écriture et Mise en scène : Ilyas Mettioui
Collaboration artistique: Zoé Janssens

Distribution: Egon di Mateo, Ben Fury, Nganji Mutiri, David Scarpuzza, Benoît Fasquelle, Pierre Genicot.

Au théâtre des Doms à Avignon du 6 au 27 juillet

Publié le
Catégorisé comme Théâtre

LES JEUX DE L’AMOUR ET DES CONTINGENCES

D’Avner Camus Perez.
Mise en scène par lui-même.

 

Le tout jeune Baruch Spinoza croise le grand amour aux leçons de latin et de grec dispensées par Clara-Maria, sa jeune préceptrice en l’absence de son père,  le médecin Franciscus Van Den Enden dont l’enseignement iconoclaste agite les esprits neufs d’Amsterdam.
Une liaison amoureuse au cœur de ses conception philosophiques?…
C’est à fleurets mouchetés que les deux jeunes gens esquivent et parent les idées tout en tentant de dompter le désir physique de l’amour.
Dans ce marivaudage  philosophique l’amour, le désir et la raison jouent à cache-cache.
Ces joutes amoureuses et spirituelles offrent au public une initiation aux principes de la philosophie de Spinoza. Au terme de ce chassé-croisé, la jeune femme devra faire un choix entre Spinoza et un autre prétendant, se décider pour l’audace ou le conformisme.
Ce spectacle est une leçon vivante et joyeuse orchestrée  dans une scénographie simple et légère.
Un beau moment d’émotion magnifiquement servi par les comédiens Raphaël Plutino (Spinoza) et Manon Palacios (Clara-Maria)
Un projet original et courageux à montrer absolument aux étudiants.

Mise en scène : Avner Camus Perez
Chorégraphie : Maelis Seguin

Avec:
Aver Camus Perez
Raphaël Plutino
Manon Palacios

Théâtre de la Carreterie à Avignon.

Jusqu’au 31 juillet à 16h00, les jours impairs.

Texte publié aux éditions L’Harmattan 2021.

 

CE SOIR JE N’AURAI PAS SOMMEIL

Mise en scène : Anne Carrard

 cause du vent qui souffle sur les visages, de la rumeur assourdissante de l’océan, de la sensation de l’eau sur les corps gorgés de sable et de soleil.

Petite variation sur les vacances en bord de mer, la pièce se joue à trois personnages en une succession de tableaux oniriques et burlesques. On pense souvent à Tati et à sa capacité à redonner grâce à la vie quotidienne, à sublimer poétiquement les petits riens. On aime le ballet loufoque des corps qui font un avec les éléments reconstitués- un ventilateur pour le vent, un arrosoir pour le bain de mer, on aime aussi l’absence de paroles qui rend les gestes et les postures éloquents.

En quelques tableaux doux dingues, la pièce  narre quelques heures de la journée et de la nuit de deux femmes et d’un homme en proie à la douceur d’un jour d’été et d’une nuit impossible. De l’inévitable partie de cartes propice à la bagarre, aux règlements de compte à coups d’écharpes colorées, à la séance de cinéma rétro. « Ce soir je n’aurai pas sommeil » nous emporte dans un univers parallèle qui sait ressusciter la sensualité des jours d’été et les petits miracles du bord de mer. 

 

Mise en scène : Anne Carrard

Interprètes : Sabrina Bus, Benjamin Candotti-Besson, Lorelei Dalze. 

Chapelle des Italiens du 12 au 28 juillet en Avignon.

Publié le
Catégorisé comme Théâtre