Sans titre

Le nazi et le barbier

Adapté du roman d’Edgar Hilsenrath
Mis en scène par Tatiana Werner

L’adaptation sur les planches du roman culte d’Edgar Hilsenrath, pour tentante qu’elle puisse paraître, tant la confession polyphonique du nazi Max Schultz semble théâtrale, ne va pourtant pas de soi. Changer de grammaire, passer du récit, fût-il polyphonique, à la scène, constitue toujours une gageure. La réussite de cette transposition tient pour beaucoup à la performance de David Nathanson, qui excelle à incarner successivement Max Schulz, le fils bâtard mais aryen pure souche puis le juif allemand Itzik Finkelstein, sans oublier la voix des disparus, victimes ou persécuteurs. Et tout est là, dans cette polyphonie fascinante où la grande Histoire pénètre la petite histoire, celle des gens ordinaires à qui le crime profite. La chaise de barbier qui encombre le plateau symbolise joliment la vie des gens ordinaires happés par l’Histoire. La confession grandiloquente, grotesque et monstrueuse à la fois du nazi retrace la métamorphose d’un petit garçon en criminel de guerre. Ordinaire, Max Schulz ? Je n’ai fait que suivre le mouvement, clame ce représentant de ce que Hannah Arendt appellerait la banalité du mal. Le silence de Dieu absout-il les hommes comme Max Schultz ?

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Interprète(s) : David Nathanson
Metteur en scène : Tatiana Werner
Régisseuse : Leïla Moguez
Créatrice Lumière : Anaïs Souquet

Du 7 au 30 juillet
Espace Roseau, 8 rue Pétramale, 84000 Avignon

VISAGE DE FEU

Visage de feu

de Marius von Mayenburg
Mise en scène: Pierre Foviau

Je me souviens du jour de ma naissance affirme le jeune Kurt. Et c’est cette quête obsessionnelle des origines, fatalement vouée à l’échec, qui va entraîner l’adolescent à refuser l’enfer de la tribu, qu’elle soit réduite à la famille ou qu’on l’envisage à l’échelle du monde. C’est autour d’une table monumentale, à la fois profane et sacrée puisqu’elle rappelle aussi bien la table familiale que la table de la Cène, que l’adolescent prophétise et voue aux gémonies la comédie familiale et sociale. A qui n’accepte pas la filiation et l’ancrage familial, s’ouvre le champ des possibles. Kurt clame le renversement de toutes les valeurs et convoque l’inceste, le crime et le délit et pour finir, le parricide. Kurt se brûle aux interdits et aux tabous,
incendiant, au propre comme au figuré tout ce qui lui semble obscur ou inaccessible, les autres (sa soeur) et le monde. On aime que les comédiens adoptent un jeu non réaliste qui sied à la banalité absolues des échanges ou à leur monstruosité. La parole est orchestrée par des changements de lumière qu’actionne chaque personnage au gré de ses prises de parole. S’éclaire alors le temps d’une parole, un visage de feu. Une guitare électrique aux sons rock de la révolte scande les espaces de cette tragédie, une horloge murale rappelant aux spectateurs que les Parques veillent en coin.

VisagedeFeu01

Auteur : Marius VON MAYENBURG
Traducteurs : Mark BLEZINGER, Laurent MUHLEISEN, Gildas MILIN
Mise en scène : Pierre FOVIAU
Assistanat à la mise en scène : Antoine DOMINGOS, Béatrice DOYEN
Avec : Marie BOITEL, Adrien DESBONS, Émile FALK‐BLIN, Marion LAMBERT, Thierry METTETAL, Arnaud LEFIN (musicien)
Conception lumière : Vincent LOUBIÈRE
Construction décor : Alex HERMAN
Décoration : Frédérique BERTRAND
Conception sonore : Arnaud LEFIN

6-14 juillet  2016
1h50 (trajet navette compris)

VISAGE DE FEU

Visage de feu

de Marius von Mayenburg
Mise en scène: Pierre Foviau

Je me souviens du jour de ma naissance affirme le jeune Kurt. Et c’est cette quête obsessionnelle des origines, fatalement vouée à l’échec, qui va entraîner l’adolescent à refuser l’enfer de la tribu, qu’elle soit réduite à la famille ou qu’on l’envisage à l’échelle du monde. C’est autour d’une table monumentale, à la fois profane et sacrée puisqu’elle rappelle aussi bien la table familiale que la table de la Cène, que l’adolescent prophétise et voue aux gémonies la comédie familiale et sociale. A qui n’accepte pas la filiation et l’ancrage familial, s’ouvre le champ des possibles. Kurt clame le renversement de toutes les valeurs et convoque l’inceste, le crime et le délit et pour finir, le parricide. Kurt se brûle aux interdits et aux tabous,
incendiant, au propre comme au figuré tout ce qui lui semble obscur ou inaccessible, les autres (sa soeur) et le monde. On aime que les comédiens adoptent un jeu non réaliste qui sied à la banalité absolues des échanges ou à leur monstruosité. La parole est orchestrée par des changements de lumière qu’actionne chaque personnage au gré de ses prises de parole. S’éclaire alors le temps d’une parole, un visage de feu. Une guitare électrique aux sons rock de la révolte scande les espaces de cette tragédie, une horloge murale rappelant aux spectateurs que les Parques veillent en coin.

VisagedeFeu01

Auteur : Marius VON MAYENBURG
Traducteurs : Mark BLEZINGER, Laurent MUHLEISEN, Gildas MILIN
Mise en scène : Pierre FOVIAU
Assistanat à la mise en scène : Antoine DOMINGOS, Béatrice DOYEN
Avec : Marie BOITEL, Adrien DESBONS, Émile FALK‐BLIN, Marion LAMBERT, Thierry METTETAL, Arnaud LEFIN (musicien)
Conception lumière : Vincent LOUBIÈRE
Construction décor : Alex HERMAN
Décoration : Frédérique BERTRAND
Conception sonore : Arnaud LEFIN

6-14 juillet  2016
1h50 (trajet navette compris)