L’EAU-LÀ

Affiche de L'eau-là au festival OFF d'Avignon 2025

Création collective

Les romanciers mais les autres aussi, les documentaristes, les scientifiques, etc. souvent l’avouent : ils apprécient de s’adresser au jeune public. La contrainte de simplicité est salutaire. On va à l’essentiel, et aller à l’essentiel au théâtre, c’est souvent retrouver l’expression du corps, l’enfantine joie de jouer. Une joie de jouer qui virevolte dans ce spectacle, un feufollet qui vient, l’impertinent, fourrer son nez partout dans ce défilé de scènes qui, tel un inventaire à la Prévert, nous régale de musiques, chansons, danses (classique mêlée de hip-hop), mimes, participation du public, leçon de choses, etc.

Ou alors, comme l’eau, celle qui s’échappe, qui fuit, qu’on n’arrête pas, profitant  du moindre interstice pour s’écouler, jaillir et tout imprégner… puisque tel est le thème de ce spectacle, pensé comme un vecteur de réflexion et discussion autour de cet élément fondamental (« L’eau n’est pas nécessaire à la vie, elle est la vie » Saint-Exupéry). Beaucoup des systèmes de distribution des eaux souffrent en effet des maux de la vieillesse, comme la goutte : les fuites sont nombreuses, le gaspillage aussi. On montre aux enfants, les principaux problèmes qui affectent les systèmes de retraitement des eaux (les déchets qui bouchent les canalisations comme les lingettes, les  micro-pollutions produites par les mégots, le plastique, etc.), une leçon de choses concrète et sans façons ; le spectacle sensibilise, agitant quelques drapeaux rouges ; le cours ou l’atelier pédagogique c’est pour après.

Le collectif Théâtre du Fleuve vise avant tout la création d’un spectacle poétique et drôle à partir d’un sujet qui ne l’est pas : Le traitement des eaux, cette eau, quotidienne et s’écoulant si banalement sur demande (le tuyau rouge, le tuyau bleu!) et pourtant issue d’un système de traitement long, méconnu et sophistiqué. Dans cet éco-industrialo-système, réinventé par la scénographe Cécile Gasseng à partir d’éléments ramassés dans la rue, surgissent des personnages joyeux et colorés, eux aussi, comme l’Avaloir, Quasimodo des eaux vivant dans les égouts. Théo Barbe, le comédien, danse chante et mime avec Julie Hercberg (interprète de Lola, le chaperon rouge dirigeant l’usine de traitement des eaux) autour de la danseuse Angie Borel. Une interprétation très corporelle -bravo!- et on sautille gaillardement, comme sur les pierres d’un ruisseau, du hip-hop au classique, de l’humour à la poésie  ; on s’abandonne à rêver sur les très belles chorégraphies d’Angie Borel portées par les musiques de Maeva Michel (avec la participation de la chanteuse Zaz, marraine de ce collectif né -les inconscients!- juste avant le COVID). Quelle joie de venir avec ses enfants ou petits-enfants, de les voir sourire à ce qui nous ravit nous aussi et en discuter ensuite avec eux !

Un spectacle tous publics et même plus.

 

Distribution :
Théo Barbe – comédien / metteur en scène
Julie Hercberg – comédienne / metteuse en scène
Angie Borel – interprète / chorégraphe

Scénographie : Cécile Gasseng
Création musicale : Maeva Michel avec la participation de la chanteuse « zaz »
Création lumière : Alex Lagardere
Costumes : Vanessa Cottereau
Visuel : Marine Adam

 

Du 4 au 26 juillet (relâche les 9, 16, 23 juillet) – 10h30 à la FABRIK THÉÂTRE (impasse Favot – Avignon)
Durée 55min

 

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