La promesse de l’aube

D’après Romain Gary (lui même inspiré de sa propre existence)
Mise en scène: Tigran Mekhitarian et Lucie Baumann
A l’aube de sa vie, mortifié par les privations de sa mère qui lui sacrifie sa vie, le jeune Roman, du fin fond de la province polonaise, se fait une promesse: consacrer son existence à l’accomplissement de la carrière, de la vocation française et de la gloire littéraire qu’a rêvées pour lui cette immigrée juive russe, pauvre, seule et démunie.
Romain Gary a décrit son œuvre comme étant « d’inspiration autobiographique ». Cet hommage littéraire à l’amour maternel, naviguant entre admiration, ironie et stupéfaction est empli de la démesure de cette mère s’écoulant par un cordon ombilical jamais coupé. Un hommage extravagant et bouleversant à une femme hors du commun, gonflée d’un amour et d’une ambitions incommensurables.
Si La Promesse de l’Aube se présente donc comme la biographie d’un fils condamné au succès son personnage principal se révèle pourtant être la mère de l’auteur, ce don quichotte en jupons poursuivant leur rêve de fer depuis Wilno jusqu’à Nice.
L’adaptation de Tigran Mekhitarian respecte ce principe en posant Romain Gary comme le simple narrateur de toute cette histoire, un narrateur en retrait nous confiant le témoignage éberlué et ironique de cette folie douce amère. Cette ligne directrice nous offre l’immense avantage de conserver intacte la saveur, la fantaisie et l’ironie du texte de Romain Gary. Le comédien (Tigran Mekhitarian lui-même) profère son texte sobrement, commentant l’action de la mère (Delphine Husté, engoncée dans la détermination inébranlable de ce personnage hors du commun, en fait surgir toutes les nuances du sentiment). Un troisième comédien (Léonard Stefanica) incarne divers personnages secondaires ; également violoniste (et compositeur de l’accompagnement musical) il vient reposer nos sens et nous apaiser l’âme après des scènes particulièrement bouleversantes.
Merci d’avoir osé cette sobriété, cette humilité conservant l’essentiel du texte. Il fallait oser, « dialoguiser » le moins possible dans un spectacle qu’on pourrait être tenté de qualifier de « lecture illustrée ». Une lecture illustrée de scènes magnifiques, poignantes et qui vient nourrir la réflexion sur les adaptations littéraires au théâtre: pourquoi  adapter, quels types d’oeuvres et selon quelle fidélité? A partir d’une telle matière, le succès était promis, mais quel genre de  succès ? Celui de Tigran Mekhitarian et Lucie Baumann se manifeste dans l’émotion et la délicatesse d’un écrin gracieux sertissant un chef-d’oeuvre d’outrance et de démesure.
A voir absolument !
Mise en scène : Tigran Mekhitarian
Assistance à la mise en scène: Lucie Baumann
Interprètes : Delphine Husté, Tigran Mekhitarian, Léonard Stéfanica
Musique: Léonard Stéfanica

Avignon Off

Du 4 au 25 juillet 2026  à 13h10 (relâche les 16 et 23 juillet)
LA  FACTORY – 2-Roseau Teinturiers
Durée:  1h25

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Narré plutôt que joué

L’auteur nous livre ses mémoires dans une autobiographie

selon Roman, tout lui vient de sa mère. Tout au long de sa vie, il s’est donc plié aux exigences de cette dernière.

 

Dire le texte de façon simple, une retenue de jeu pour laisser parler le texte

Le jeu est centré sur la mère, sur certaines scènes sur l’accessoire. On ne s’y attendait pas forcément :  souvenir d’une autobiographie excessive et romancée. C’est l’histoire de l’amour d’une mère et donc l’histoire d’une mère.

bien qu’il se défende d’avoir écrit là une autobiographie, et assure que le souci de l’art, sous sa plume, s’est à chaque instant glissé entre l’événement et son expression littéraire, au point que toute vérité se réduise à une vérité artistique.

La mère : toujours le même jeu… mais dans le droit fil de l’exaspérante

pauses musicales au violon.

Il déplace le décor.

Merci. Il fallait oser en faire si peu.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *