De Olivier Schmidt
Le succès de sa première pièce, « Tailleur pour Dames » au théâtre de la Renaissance promet à Georges Feydeau une carrière imprévue. Malgré les doutes de sa mère, le jeune Feydeau sait écrire et Paris lui tend les bras. Mais une vie d’artiste, ce n’est pas seulement travailler à son oeuvre, c’est aussi les rencontres, les amis, la fête. Bien vite, la femme qu’il a épousée lui reproche cette vie dissolue ; elle le somme de choisir, surtout quand arrive le premier enfant…
L’empereur des boulevards nous donne à découvrir l’homme derrière Feydeau, les drames personnels qui couvent sous les comédies à succès. Sept comédiens pour interpréter cinq ou six personnages dans l’entourage de l’auteur et une vingtaine d’autres interlocuteurs secondaires. On croise notamment le couple Sacha Guitry – Yvonne Printemps, Sarah Bernhardt et Saint-Germain, le directeur du théâtre des Variétés qui ne l’abandonneront pas même quand la Syphilis l’aura brisé.
Olivier Schmidt a en effet composé une biographie romancée opposant la femme de Feydeau à ses démons d’artiste, incarnés par un personnage de feu-follet de la comédie, de muse endiablée qui emporte l’artiste loin d’elle. Derrière un rideau de tulle transparent, elle assistera impuissante à l’inéluctable agonie du mari toujours aimé malgré les querelles et qu’elle tentera encore de sauver.
Pour alternersourire et larmes, glissant d’une scène à la suivante, la mise en scène s’émancipe du réalisme boulevardier à la Feydeau: instantanément, les comédiens figurent un carrosse mené au trot, ou une foule ; un demi-tour suffit à transformer le vieux Labiche, venu adouber la relève littéraire, en un nouveau personnage pour la scène suivante ; un téléphone apparaît porté par un majordome sur un plateau (ou était-ce l’usage?), des scènes sont rêvées, fantasmées de derrière un rideau de tulle transparent, un french cancan frénétique vient encanailler le spectacle (on apprécie au passage les dispositions de gymnastes des comédiens et comédiennes). Les comédiens courent se changer en coulisse, y ramenant sur scène rythme et énergie. Dans la tradition vaudevillesque Olivier Schmidt a également ajouté des chansons (bien qu’absentes chez Feydeau) interprétées en live, ou plus simplement enregistrées sur un jeu muet, et tout en douceur d’une comédienne ou encore scandées et jouée de façon dramatique par le comédien.
Un bon moment pour les spectateurs curieux de découvrir les dessous (pas toujours affriolants) de l’empereur du rire.
équipe artistique :
Olivier Schmidt – Mise en scène
Vincent Albaracin – Interprétation
Damien Cochin – Interprétation
Carla d’Emilia – Interprétation
Julie Fidel – Interprétation
Kevin Maille – Interprétation
Avignon Off
Durée : 1h15
