LA SOURICIERE

Texte de : Agatha Christie

Mise en scène : Ladislas Chollat

Allons droit au but, cette souricière est un plaisir de gourmet !

Inutile de vous résumer l’intrigue, à moins que vous ne souhaitiez savoir que le coupable est bel et bien… Mais chut !! Laissons-nous prendre à ce doux et suranné plaisir, plus christien que christique, du jeu du chat, de la souris… et des trois petit cochons (si si). Ce suranné, si British, fait de petits pois à la menthe, d’intérieurs cosy et d’extérieurs sujets aux intempéries. Ladislas Chollat coche toutes les cases de la réussite d’un tel spectacle. L’atmosphère d’outre manche est parfaitement rendue. Les personnages sont parfaitement typés (genre cluedo), et hauts en couleurs. Une touche de Musical pour faire liant et rehausser le tout fait également merveille. L’humour enfin. Il semble que le texte ait été assez largement retouché à cet effet (adaptation de Pierre-Alain Leleu). Les modifications  à ce niveau sont pour le meilleur. En effet le ton choisi est un peu décalé, mais toujours dans le ton de l’œuvre originale. Et surtout il fait mouche ! On rit même plus que l’on est intrigué au final.

Photo François Fonty

Le metteur en scène n’a pas oublié de s’entourer d’une distribution d’excellents comédiens. Précis et inventifs, impliqués dans la partition générale, tout en ayant soin d’apporter justesse et folie à leur personnage. Une mention spéciale au Major Metcalf et à Monsieur Paravicini, qui parcourent la pièce en virtuoses.

Au total, une superbe réussite, drôle et intelligente, un divertissement de haute qualité à voir absolument ! Alors réservez vite votre chambre au manoir de Monkswell, et rejoignez tous ces coupables. Coupables du crime, bien pardonnable, de nous avoir ravis!

 

Texte de : Agatha Christie

Mise en scène : Ladislas Chollat

Adaptation : Pierre-Alain Leleu

Décor : Emmanuelle Roy

Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz

Maquillages & coiffures : Catherine Saint Sever

Lumières : Alban Sauvé

Musiques : Frédéric Norel

Son : Mathieu Boutel

Avec Christine Bonnard, Dominique Daguier, Sylviane Goudal, Stéphanie Hédin, Brice Hillairet, Pierre-Alain Leleu, Marc Maurille, Christelle Reboul, Frédéric Rose, Pierre Samuel

Jusqu’au 31 mars, mardi au samedi à 21h
Matinée les dimanches à 15h30

La Pépinière Théâtre,  7 Rue Louis le Grand, 75002 Paris

https://indiv.themisweb.fr/0036/fChoixSeance.aspx?idstructure=0036&EventId=172&request=QcE+w0WHSuAU4cpKYUFSGpyAk+9jjn8bq918r4qKUVajYg53EiUDOHZMDLracJ5wY+6eIYCbVkc=

LE DINDON

Texte de Georges Feydeau

Mise en scène, adaptation : Anthony Magnier

La compagnie Viva nous propose un divertissement de Noël, avec au menu un Dindon farci de bonnes intentions !

Il ne faut pas chercher ici la comparaison avec les superproductions Feydeau de la Comédie Française, fastueuses à tous points de vue (décors, jeu, costumes..), qui triomphent jusqu’en dans les salles obscures en Cine Live. Même la porte Saint Martin et sa « Dame de chez Maxim » en reste éloigné. Ce Dindon à « la mode Déjazet » n’en reste pas moins très digeste. Anthony Magnier propose une version très enlevée de ce bijou de la couronne feydaldienne. Les comédiens ne ménagent pas leurs efforts et parviennent à faire rire une salle pourtant très clairsemée du fait des grèves.

Crédit Photo ©Viva

La plus intéressante option choisie découle d’une contrainte budgétaire : impossible d’être viable économiquement en distribuant tous les rôles, une vingtaine,  singulièrement. Les sept comédiens assument donc chacun jusqu’à trois rôles! Cette contrainte infuse un surplus de jubilation dans le jeu et le tourbillon des situations et quiproquos. Une jubilation infantile. On y gagne un supplément de plaisir théâtral simple, un gain visible d’engagement des comédiens aussi ; jonglant avec leurs différents personnages, costumes, et accents,  comme on jongle au cirque. Anthony Magnier, n’est pas étranger dans son parcours aux arts du cirques. On en voit aussi la trace dans certaines parties burlesques sans texte de bon aloi. A noter que ce vendredi soir Maggy l’anglaise était particulièrement savoureuse dans sa partition de Jane Birkin boxeuse, et le triple interprète de Soldignac/Pinchard/Gérôme était redoutablement efficace de drôlerie, prouvant qu’il n’y a pas de second rôle quand on est un acteur de premier plan !

Texte de Georges Feydeau

Mise en scène, adaptation : Anthony Magnier

Avec :
Monsieur Pontagnac : Anthony Magnier ou Victorien Robert
Vatelin : Xavier Martel
Redillon : Laurent Paolini ou Guillaume Collignon
Soldignac/Pinchard/Gérôme : Julien Renon ou Mikaël Fasulo
Lucienne Vatelin : Magali Genoud ou Audrey Sourdive
Maggy/Clara : Delphine Cogniard ou Vanessa Koutseff
Madame Pontagnac/Madame Pinchard : Marie Le Cam ou Sandrine Moaligou

du Lundi au Samedi à 20H30
Matinées Samedi à 16H45

Théâtre DEJAZET

41 Boulevard du Temple – Paris 3ème – Métro République

lien de réservation

Dates de tournées Villeneuve-Saint-Georges (94) le 28 février 2020 Loos (59) le 7 mars 2020
Digne-les-bains (04) le 19 mars 2020
Le Pradet (83) le 20 mars 2020 Elancourt (78) le 14 décembre 2019 Saint-Fargeau-Ponthierry (77) le 1er février 2020 Sallanches (74) le 6 février 2020
Aix-les-Bains (73) le 7 février 2020
Metz (57) le 13 et le 14 février 2020 Saint Priest (69) le 4 avril 2020 Saint Marcellin (38) le 17 avril 2020 Buc (78) le 18 avril 2020
Le Rosey (Suisse) le 3 juin 2020 Jouy en Josas (78) le 27 juin 2020.

Crédit Photo ©Viva

Dormez je le veux ! / Mais n’te promène donc pas toute nue !

Texte de Georges Feydeau

Mise en scène  Gilles Bouillon

Le très actif théâtre de Châtillon nous gratifie d’une double création en ce mois de novembre. Deux Feydeau sinon rien !

La première, « Dormez je le veux ! », est la moins intéressante du lot. Pochade d’une quarantaine de minutes, elle montre à quel point Feydeau était branché sur les évènements de son temps pour en faire théâtre. Il y intègre les expérience sur l’influence magnétique de Mesmer, et l’utilisation de l’hypnose curative par Charcot, qui défrayent la chronique. Un serviteur indélicat, Justin, hypnotise ses maîtres en une tentative révolutionnaire de renversement des pouvoirs. Nous sommes en 1897 et le terrorisme anarchiste lance ses bombes depuis cinq ans en France. On le voit Feydeau souvent taxé de pur auteur de divertissement, aborde à sa manière son temps, sa sociologie et sa psychologie. Las, malgré ce menu alléchant, la pièce déçoit. Ce n’est qu’une pochade, où le ressort comique essentiel réside dans le fait de voir le maître sous contrôle : faire le singe, débiter des horreurs… La troupe n’y est pour rien qui se démène sans compter. Ce « dormez… » est un opus très mineur, à l’exemple d’un « Monsieur nounou », parmi tant de chefs-d’œuvre.

photo Pascal Gély

 

La seconde, « Mais ne te promène donc pas … », est bien plus réussie ! Et tant mieux car elle représente la majeure partie du spectacle. Autre genre, c’est une comédie conjugalo-politique. Mais toujours ancrée dans la réalité politique du moment, 1911, les instabilités ministérielles de la Troisième République. Clemenceau y est même un personnage actif ! Nous suivons une trame reprise exactement sur « On purge bébé » monté un an plus tôt. Tout d’abord une longue scène d’affrontement de couple, dans une veine absurde que l’on aurait tord de ne pas reconnaître comme précurseure du théâtre de l’absurde à venir (Ionesco, Beckett). Puis la tension accumulée dans ce face à face explose avec l’arrivée d’un troisième personnage, important pour la carrière du mari… Les comédiens se régalent, et le public avec eux, de cette joute oratoire entre une femme prenant tout au pied de la lettre et d’une naïveté sublime et son époux, digne représentant de la raison et de l’ordre, public et familial. A l’arrivée des autres personnages c’est un véritable feu d’artifice de situations burlesques où Feydeau, par son outrance jubilatoire, nous montre que la troupe du splendid, ou les frères Farrelly (« Marie à tout prix »), non rien inventé dans  l’humour transgressif.

C’est pour cette heure de vrai rire qu’il faut aller se promener, habillé !, à Châtillon jusqu’au 26 novembre !

Texte de Georges Feydeau

Mise en scène  Gilles Bouillon

Avec

Frederic Cherboeuf

Nine de Montal

Mathias Maréchal

Iris Pucciarelli

Vincent Chappet

Paul Toucang

Dramaturgie : Bernard Pico

Scénographie, costumes : Nathalie Holt

Régie générale : Nicolas Guellier

Lumières : Alexandre Barthelemy

Musiques et son : Alain Bruel

Théâtre de Châtillon du 22 au au 26 novembre

https://www.theatreachatillon.com/lagenda/dormez-je-le-veux–mais-nte-promene-pas-toute-nue

La tournée : 31 représentations de novembre 2019 à mars 2020 :

22/11 au 26/11/2019 – Châtillon (92) | 06/12/2019 – Nogent le Rotrou (28) | 10/12 au 15/12/2019 – Antibes (06) | 17/12/2019 – Roquefort Les Pins (06) | 14/01/2020 – Théâtre de Cognières (78) | 21/01/2020 – Théâtre de Saint Germain en Laye (78) | 04/02/2020 – Charleville Mézières (08) | 06/02/2020 – Le Grand Quevilly (76) | 18/02/2020 – Le Bouscat (33) | 20/02/2020 – Villeneuve sur Lot (47 ) | 06/03/2020 – Domaine de Bayssan/ Béziers (34) | 17/03/2020 – Epernay (51) | 26/03/2020 – Langon (33)